Un canal sans queue ni tête

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Quel était l’intérêt de faire

Tout un canal sans queue ni tête ?

Il ne part d’aucune rivière

Et puis tout à coup il s’arrête ?

 

C’est vrai qu’aujourd’hui, il apaise

En nous offrant ce beau décor

Que l’on peut découvrir à l’aise

En se baladant tout au bord.

 

On rencontre plusieurs écluses

Qui sont en retraite forcée

Et devant nous presque s’excusent

De ne plus pouvoir fonctionner.

 

Mais bien qu’au repos désormais,

Chacune revoit les bateaux

Qui, grâce à elle, acheminaient

Tranquillement des matériaux :

 

Toute la marne nécessaire

Pour entretenir les étangs

S’assurer d’empêcher l’enfer

De revenir avec le temps

 

Chacune se souvient aussi

Que des tas de gens sans emploi

Un jour sont venus de Paris

Pour aménager cette voie.

 

Chacune revoit le progrès,

Qui à coup de train et de route

Les a toutes mises aux arrêts,

Et se croit oubliée sans doute.

 

Mais savent-elles que tout près

Un étang, encore aujourd’hui,

Les protègent d’un sort mauvais

En tempérant l’eau jour et nuit ?

 

Certaines doivent être heureuses

De jouir de cette retraite

Mais d’autres qui l’estime affreuse

Ne voulaient pas que tout s’arrête

 

Car même si c’est agréable

De profiter de la nature

Certaines se savent capables

D’assumer un autre futur.

 

C’est pourquoi aujourd’hui encore

A repartir elles sont prêtes

Pour conjurer le mauvais sort

De ce canal sans queue ni tête.

 

 Gilles Mandoux

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Posté par terredesologne à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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