Mort d'une "sorcière" Solognote

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En 1886, Georgette Thomas a brûlé vive dans l'âtre sa mère, qu'elle juge possédée.  

Elle sera la dernière guillotinée en place publique.

C'est à coup sûr la plus importante affaire criminelle qu'ait jamais connue le département. Et qui valut à la coupable d'être la dernière femme guillotinée publiquement en France. L'histoire s'est nouée en Sologne, à la fin du XIXe siècle. Une Sologne à l'époque sauvage, inhospitalière, où les sorciers locaux font office, au mieux, de curés et de médecins et, au pis, de jeteurs de sorts. 

En 1886, au Luneau, hameau perdu au milieu des bois, la famille Thomas vit dans des conditions précaires dans une pièce principale, autour d'une table et d'une cheminée. Le père, Sylvain, a épousé Georgette, la mère de leurs trois enfants, parce qu'il l'avait "embarrassée". Ils vivent aussi avec la grand-mère, Marie, qu'ils persécutent pour lui soustraire ses économies. Et parce qu'ils la croient ensorcelée. Il n'en faut pas plus à Georgette et à ses frères pour, un jour, jeter leur vieille mère impotente dans le feu. Et la laisser brûler vive sous leurs yeux, en la "pilant" à coups de talon, espérant qu'avec elle disparaîtra le mauvais sort qui s'acharne sur eux. Soudain affolés par ce qu'ils ont fait, les frères et la soeur filent ensuite se confesser chez le curé, tandis que Sylvain, lui, continue à flamber sa belle-mère au pétrole. Jusqu'à l'arrivée des gendarmes. 

Le jour du procès, le 22 novembre 1886, toute la presse française est à Blois. Aux questions du juge le père Thomas répond: "J'en ai pas connaissance, moi!" Son épouse, elle, finasse, jusqu'à ce que leur fillette, qui a assisté à la scène, crache le morceau. Lorsqu'elle est condamnée à mort, Georgette Lebon épouse Thomas, éclate en sanglots. Mais elle croit à sa grâce. 

Les époux sont amenés et exécutés devant la foule

Le 23 janvier 1887, les époux sont pourtant transférés de la prison de Blois à celle de Romorantin. Dans la ville, depuis quinze jours déjà, la foule a pris l'habitude de se masser chaque nuit, dès 3 heures du matin, sur la place d'Armes. Au cas où. Le 24 janvier, à 7h30, ils auront droit au spectacle attendu. Vêtus d'une chemise blanche et d'un voile noir sur la tête, les époux sont amenés de force et exécutés devant la foule. La femme d'abord, qui se débat et que l'on doit porter jusqu'à l'échafaud. Puis Thomas. Avec leurs vies s'éteint leur dette envers la société. Mais seul le temps, un jour, peut-être, pourra effacer le souvenir de leur crime. 

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Sources du texte :

Site de Sylvain/Nemo 
Site des affaires criminelles du Loir et Cher, suivre le lien...
http://www.lexpress.fr/region/mort-d-une-sorciere-solognote_720118.html

 

 

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Posté par terredesologne à 17:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Mort d'une "sorcière" Solognote

    C'est horrible, et tout cela dû à l'ignorance. A cette époque on croyait aux sorcières,
    et au mauvais sort.
    Merci d'avoir raconté ce fait d'hiver.
    Passe une douce soirée.
    Amitiés

    Posté par Poussière d'Arge, 09 février 2014 à 17:24 | | Répondre
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