Fuite en Sologne

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« J’ai fui : viens. C’est dans l’ombre
Que nous nous réchauffons.
J’habite un pays sombre
Plein de rêves profonds.

Les récits de grand-mère
Et les signes de croix
Ont mis une chimère
Charmante, dans les bois.

Ici, sous chaque porte,
S’assied le fabliau,
Nain du foyer qui porte
Perruque in folio.

L’elfe dans les nymphées
Fait tourner ses fuseaux ;
Ici l’on a des fées
Comme ailleurs des oiseaux.

Le conte, aimé des chaumes,
Trouve au bord des chemins,
Parfois, un nid de gnomes
Qu’il prend dans ses deux mains

Les follets sont des drôles
Pétris d’ombre et d’azur
Qui font au creux des saules
Un flamboiement obscur.

Le faune aux doigts d’écorce
Rapproche par moments
Sous la table au pied torse
Les genoux des amants.

Le soir un lutin cogne
Aux plafonds des manoirs ;
Les étangs de Sologne
Sont de pâles miroirs.

Les nénuphars des berges
Me regardent la nuit ;
Les fleurs semblent des vierges ;
L’âme des choses luit »

 

(extrait) Victor HUGO (1802-1885) 

xahsz9kw

Posté par terredesologne à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Fuite en Sologne

    très beau poème de V.Hugo et belle photo automnale parée de rouge et d'or.
    Bonne journée.
    Amitié

    Posté par poussiereargence, 14 décembre 2013 à 10:22 | | Répondre
  • Je n'avais pas vu que tu avais des vidéos.
    Alain Foret mais c'est notre Brassens contemporain. Est ce que les paroles sont de lui?

    Bisous

    Posté par poussiereargence, 14 décembre 2013 à 10:29 | | Répondre
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