24 décembre 2012

Le Père Noël et Saint Hubert existent... Ils se sont rencontrés

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Propos recueillis auprès d' Edmond de Mauléon,

Fils des propriétaires de Montevran, parc zoologique de Chaumont sur Tharonne.

 

BRASSEAUX MONTEVRAN 1920 Noël 2005...

La nuit de Noël est souvent propice aux contes, aux belles histoires romancées, à un je sais quoi qui permet aux enfants d'être patients et qui assure la magie du moment aux plus grands.

Je suis censé en faire parti depuis de nombreuses années...

Parfois les cadeaux et les rêves les plus inattendus se présentent et se réalisent.

C  'est ce qui s'est passé pour moi en ce Noël 2005.

Voici l'histoire...  La Vraie et belle histoire. 

montevran

Les fêtes de Noël se sont souvent répétées de la même manière depuis exactement vingt ans, en dehors d'un lieu qui reste le support de mon enfance, de mon adolescence, de mes rêves les plus fous et les plus intimes.

Vingt ans de service, de permanence de fonctions diverses qui ont fait que je ne pouvais m'échapper, contraint à des obligations professionnelles, ou tout simplement parce que pas de famille dans l'entourage pour partager ces moments délicieux. Ceux qui nous renvoient dans ce monde  que l'on croit révolu qu'est celui de notre enfance.

Cette année, pas de contrainte, rien que de la liberté et de l'indépendance.

 Je pouvais oser faire ce dont je rêvais depuis bientôt une génération...

Retourner enfin à Montevran.

MONTEVRAN 1966 004

Cette envie terrible de retrouver les lieux magiques de cette période de bonheur, au milieu des grands espaces, de ces étangs, de ces landes et de ces bois me rongeait. Me retrouver avec cette Sologne captivante et envoûtante était ma prière quotidienne.

Les deux nuits qui ont précédées cette escapade étaient déjà du délire.

 Enfin, j'allais  «  faire le mur », quitter ma « prison  dorée tourangelle » comme un étudiant ou un bidasse qui veut retrouver sa fiancée.

 L'impression était la même, la fébrilité identique, ne pas se faire voir, encore moins se faire prendre et surtout ne pas avoir à se justifier.

La malchance et le hasard du calendrier ont fait que le propriétaire de Montevran qui nous avait succédé avait remis la propriété en vente, et venait de mourir.

MONTEVRAN LA FERME 1920 001

Plus de propriétaire, plus de gardiennage... la propriété était seule, complètement seule comme elle ne  l'avait jamais été.

 C'était maintenant et pas à un autre moment Il fallait y aller.

Nous nous sommes retrouvés d'une manière plus qu’exceptionnelle, si ce n'est une histoire amoureuse, c'est au moins celle d'une passion.

Les parfums boisés de ce petit paradis étaient là, les senteurs ambrées des sous-bois également.

 Le bruissement des clapotis aux bondes d'étangs à l'identique. Les grandes allées cavalières et de chasse se dessinaient devant mes yeux avec la même précision, avec la même réalité dans leur perception, que celles qui m'accompagnent dans mes rêves.

C'était fou, réellement fou; les trous d'eau, les chemins argileux et sablonneux faisaient les même accompagnements à mes foulées.

Il est impossible de transmettre et d'exprimer ce genre de sentiments très personnels.

 On ne peut s'appuyer que sur des faits. Ceux qui pourront éventuellement démontrer la grandeur et l'émotion du moment.

Dans ce genre de situation, il faut savoir aller a l'essentiel et ne pas s'encombrer l'esprit.

J'avais décidé de revoir deux ou trois endroits précis.

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Il me fallait un témoin pour me prouver que le rêve devenait réalité. J'ai tout simplement appelé Sabine, ma sœur, pour lui faire vivre en direct l'événement, elle seule pouvait  mesurer la force et la puissance .Ma petite sœur, comme on aime à se le dire, toute aussi actrice en son temps devenue aujourd'hui spectatrice.

 Elle qui avait sillonnée cette forêt aussi bien à cheval, qu'à  vélo, derrière des gardes ou allant voir les anciens dans les fermes...Elle était devenue, amante, mère, rassurante et compréhensive.

Le contraste de la gamine qu'elle était et de celle qui m'accompagnait était saisissant.

La proximité et l'éloignement se confondaient. Le présent tutoyait le passé.

Il s'en dégageait une douce harmonie, un apaisement certain, une conviction réelle.

Il  était grand temps de voir en face ce qu'ont été toutes ces années, que la pudeur n'autorise pas à qualifier. 

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 Montevran était toujours en place, certes des arbres avaient été coupés, d'autres avaient grandis, oui grandis, à l'image de la vie, oui Montevran avait continué à vivre, sans nous certes, mais avait continué. On imagine plein de chose, humanisant les rapports comme avec une personne.

 Avait-elle changée?

Allais je la reconnaître, me serais je perdu?

 Non rien de tout cela, tout était présent. Elle était là bien droite et de bonne tenue.

Que fait-on dans pareil cas ?

 On ne se pose plus de question, l'instinct est là, on veut se présenter sous son meilleur aspect, on se redresse, le pas devient plus sûr, le regard plus précis, les sentiments plus francs et plus purs, la satisfaction de l'avoir fait dégage un sentiment d'assurance quasi insolent.

L'idée d'appartenance revient naturellement. Mais qui appartient à qui?

 Qui est responsable de quoi? Seul le temps a pu apporter les réponses.

Les vérités d'hier se transforment en vérité d'aujourd'hui mais les explications sont différentes. 

MONTEVRAN PAVILLON DES SOURCES 1912

Cette histoire aurait pu entre banale, sans intérêt, je le conçois aisément. Cela aurait pu se passer en juin, ou pour un anniversaire quelconque et avec qui que ce soit.

 Il n'est rien de tout cela. Il faut savoir que dans les moments les plus précieux de la vie, on souhaite souvent intimement et secrètement avoir les pensées communes à ceux que l'on aime, que les choses se manifestent d'une manière ou d'une autre, tel un rayon de lumière, ou une brise légère portant un doux parfum, mettant en valeur le temps d'un instant, un sentiment d'émotion troublant voir bouleversant, dans une musique dont seul notre cœur connait le secret.

 20 ans après, cette musique s'est traduite par un message affectueux et plein d une communion insoupçonnée. Alors qu'au même moment un grand cerf royal se présentait calmement et magnifiquement devant moi. Nous étions vraisemblablement autant surpris l'un et l'autre de nous trouver  seuls  ensemble, au même moment  en cette veille de Noël, moment de trêve, moment d'espérance, moment de renaissance, au plus bel endroit du monde.

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 Qui était chez qui? On ne le saura jamais Nous nous sommes saluer avec assurance, élégance comme si nous étions de grands chefs puis effacer discrètement.

 Saint-Hubert nous avait permis  nous rencontrer ou de nous retrouver…

 C'était un bon  Noël…

C'était dit au même moment sur la messagerie du portable...

 « Joyeux Noël »

 

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Posté par terredesologne à 09:46 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le Père Noël et Saint Hubert existent... Ils se sont rencontrés

    Merci Samuel d'avoir pris le temps de relater cette histoire de Noel. Il est vrai que la magie du moment a eu son effet.
    Bien amicalement et bonnes fêtes à vos abonnés
    Edmond de Mauléon

    Posté par E. de Mauléon, 24 décembre 2012 à 12:31 | | Répondre
  • trés belle histoire , tous nos voeux a vous et votre famille

    eve et chris

    Posté par alycia, 25 décembre 2013 à 21:27 | | Répondre
  • Quel plus beau Noël, "Cette histoire aurait pu être banal, sans intérêt", non surtout pas... Rien n'est banal lorsque l'on se retrouve sur les lieux de son enfance ou, avec des personnes qui rappellent de beaux moments, comme si l'on traversait le mûr du temps ; il y a très peu de temps cela m'est arrivé avec un GRAND BONHEUR, partagé je pense, en pensant à nos larmes mêlées... La rencontre avec ce cerf, n'est pas un hasard je pense, juste "quelqu'un" qui voulait montrer que c'était bien Montevran et ce quelqu'un je pense savoir qui il était et surtout comme je l'admirais !!!...

    Posté par Marie-Christine, 25 août 2014 à 00:15 | | Répondre
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